En langage clair
Les idées essentielles
- Un diagnostic apporte des informations, mais ne décrit pas à lui seul ce qui aide une personne à apprendre.
- Commencez par l’objectif d’apprentissage, puis repérez ce qui empêche d’y accéder.
- Les exemples proposés sont des pistes pédagogiques à ajuster et à observer, sans promesse d’efficacité individuelle.
Synthèse préparée avec l’aide de l’IA, avec contrôle des sources citées. Relecture par l’équipe éditoriale invitée : à réaliser.
Comment lire cet article
Les références numérotées permettent de retrouver les sources des repères présentés. Les pistes pédagogiques sont des propositions à contextualiser, dont les effets doivent être observés dans la situation réelle.
Partir de ce que la personne veut apprendre
Une élève doit expliquer un raisonnement scientifique. Elle sait le raconter, mais laisse sa feuille presque vide. Un stagiaire comprend une démonstration, puis se perd lorsqu’il doit retrouver seul les étapes. Avant de choisir une adaptation, précisez ce que vous cherchez à enseigner : construire un raisonnement, écrire un texte, retenir une procédure ou agir de manière autonome. Ces objectifs peuvent se combiner, mais ils ne demandent pas toujours la même réponse.
Le point de départ proposé ici est de décrire une situation précise, avec l’apprenant : ce qu’il essaie de faire, les appuis déjà utiles et l’obstacle rencontré. Cette démarche ne remplace pas une évaluation clinique. Elle prépare une décision pédagogique que l’on pourra discuter et réviser. Les situations de cet article sont fictives.
Repères cliniques : ce que recouvre TND
Les troubles du neurodéveloppement apparaissent au cours du développement et concernent notamment des fonctions intellectuelles, motrices, langagières ou sociales. L’OMS cite parmi eux l’autisme, le TDAH et les troubles du développement intellectuel. [1]
La HAS regroupe aussi sous cette appellation les troubles de la communication, des apprentissages et des fonctions motrices. « Dys » reste un raccourci courant : demandez quelle difficulté concrète est concernée. [4]
La CIM-11 et ses descriptions cliniques fournissent un cadre de classification. Ce cadre aide les professionnels de santé à nommer des troubles ; sa lecture ne permet pas à un enseignant de poser un diagnostic. [2]
Décrire l’accès à une activité
La Classification internationale du fonctionnement de l’OMS inclut l’environnement dans la description du fonctionnement et du handicap. [3] Pour l’enseignement, nous proposons d’en tirer une question pratique : qu’est-ce qui change si l’on modifie la tâche, le support ou l’organisation ?
Reprenez l’exemple du raisonnement scientifique. Si l’objectif est d’expliquer un phénomène, une réponse orale enregistrée peut fournir une autre occasion de montrer ses connaissances. Si l’objectif porte sur la rédaction, prévoyez aussi un enseignement de l’écriture avec les soutiens nécessaires. Changer le mode de réponse et changer l’objectif sont deux décisions à expliciter.
Ne déduisez pas toutes les adaptations d’une étiquette. Une fiche associée au TDAH ou à l’autisme peut ouvrir des possibilités ; vérifiez avec cette personne lesquelles répondent effectivement à la situation. Un support proposé avec de bonnes intentions peut aussi gêner, distraire ou ajouter du travail.
Préparer un premier essai pédagogique
Choisissez une activité suffisamment délimitée pour observer ce qui se passe. Conservez un objectif utile et annoncez ce qui sera considéré comme une réussite. Par exemple : préparer deux arguments et en expliquer un à un partenaire. Évitez de demander simultanément une présentation impeccable, une grande rapidité et une autonomie complète si ces éléments ne sont pas l’objet de la séance.
Les questions suivantes constituent une aide originale de préparation, à adapter à votre contexte :
- Accès à la consigne : l’apprenant peut-il expliquer ou montrer ce qu’il doit faire ?
- Accès au support : peut-il lire, entendre, manipuler ou parcourir les informations nécessaires ?
- Organisation : la première action, les étapes et la fin de la tâche sont-elles repérables ?
- Expression : quel moyen lui permettra de montrer l’acquis visé ?
- Coût ressenti : que dit-il de l’effort, de l’inconfort ou du besoin de pause ?
- Choix : quelle aide accepte-t-il d’essayer, et quand en reparlerez-vous ?
Trois applications, à différents âges
En petite enfance, pour raconter un événement, proposez des images des moments vécus et laissez l’enfant choisir l’ordre. L’adulte peut demander une précision et noter comment l’enfant communique son idée, par des paroles, des gestes ou un autre moyen habituel. L’objectif annoncé est de raconter ; la quantité de paroles produites ne constitue pas, à elle seule, la réussite.
À 12 ans, pour pratiquer une conversation dans une autre langue, préparez un échange autour d’une décision réelle : choisir une activité commune. Donnez les mots nécessaires, rendez visibles les rôles et permettez de demander une répétition. Avec un élève ayant un TDAH, discutez notamment du rythme et de l’organisation de l’échange, sans supposer qu’un même format conviendra à tous.
En formation d’adultes, pour apprendre une procédure numérique, proposez un exemple réalisé puis une tentative accompagnée d’un aide-mémoire. Demandez au stagiaire quelle étape mérite une capture d’écran ou une reformulation. Vérifiez ensuite la procédure sur une autre situation. Le document d’aide peut rester disponible si l’objectif professionnel autorise son usage.
Ce qui relève des recommandations et des propositions
La recommandation NICE sur le TDAH prévoit des modifications de l’environnement adaptées aux besoins individuels. [5] Celle sur l’autisme chez les moins de 19 ans attire notamment l’attention sur les supports de communication et les particularités sensorielles. [6] Ces documents de référence anglais ne définissent pas les procédures administratives françaises.
Nos exemples prolongent ces principes par des choix pédagogiques. Ils ne sont pas des protocoles validés ou des séances dont l’efficacité aurait été mesurée. Une recommandation professionnelle, une étude sur une intervention précise et une proposition d’enseignant n’apportent pas le même type de preuve. Ne transformez pas un exemple plausible en garantie de résultat.
Décider de la suite avec l’apprenant
Après l’essai, reprenez l’objectif et deux ou trois observations utiles : ce qui a été réalisé, avec quelle aide et à quel coût ressenti. Demandez ce que la personne garderait ou changerait. Conservez une trace courte plutôt qu’un jugement global comme « cela fonctionne ».
Vous pouvez maintenir l’aide, l’ajuster ou essayer une autre option. Une réussite avec un support ne rend pas ce support inutile. Si l’activité reste inaccessible, reformulez la difficulté et mobilisez les interlocuteurs éducatifs ou de santé appropriés au contexte. L’objectif demeure une participation à l’apprentissage qui ait du sens pour la personne.
Sources et références
- Mental disorders — Neurodevelopmental disorders
World Health Organization · Consulté le
- ICD-11: Clinical descriptions and diagnostic requirements (2024)
World Health Organization · Consulté le
- International Classification of Functioning, Disability and Health
World Health Organization · Consulté le
- Troubles du neurodéveloppement — Repérage et orientation des enfants à risque (2020)
Haute Autorité de Santé · Consulté le
- NG87 — Attention deficit hyperactivity disorder: diagnosis and management
NICE · Consulté le
- CG170 — Autism spectrum disorder in under 19s: key priorities for implementation
NICE · Consulté le